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2012 05 Jean-Baptiste à Belo Horizonte


2012 05 Jean-Baptiste à Belo Horizonte

JET'NEWS n°6 de Jean-Baptiste à Belo Horizonte, au Brésil

Bom dia chers amis, parrains et parents,

 

Voilà déjà un mois et demi que je vous ai écrit et j’ai l’impression que cela fait seulement une semaine. Le temps passe tellement vite. Oui oui, je vous jure, ça fait déjà 4 mois que je suis au Brésil ! Pourtant, ce n’est que le début. Je commence seulement depuis peu à me faire mon trou, et me sentir de plus en plus à ma place. Les zigzags de l’humeur se font moins rapides, le portugais avance bien et la mission est de plus en plus concrète.

Il y a vraiment beaucoup de choses à raconter ce mois-ci. Mais comme je ne souhaite pas vous prendre trop de temps dans cette fin d’année scolaire, je vais tenter de faire court.

Au début de mon séjour ici, je dois avouer que l’humeur changeait souvent. Elle passait d’une grande joie et chutait bas par manque de force, de prière, de volonté... Maintenant que le milieu m’est de plus en plus familier, ces alternances sont moins fortes. Même s’il m’arrive quand même de « rechuter » face à des évènements difficiles (cf courbe du volontaire). Je sais très bien que tout ça est normal. Et puis comme on dit, les saints ne sont pas ceux qui ne chutent jamais mais ceux qui savent se relever suffisamment rapidement.

 

 

La Pastoral do Menor

 

Tout d’abord, parlons de la Pastoral do Menor : ma mission principale. La dernière lettre présentait le début de la PAMEN. Le cadre, les serviteurs, les enfants, les activités qui constituent la pastorale. Certaines choses ont déjà changé dans tout ça. Les bénévoles se sont confirmés dans leur travail et d’autres non. Je pense que la première étape a été d’accepter de ne pas tout maîtriser. La prochaine étape, qui a déjà commencé, est d’apprendre à connaître. Que ce soit les enfants ou les bénévoles qui m’aident. La relation personnelle, le lien d’amitié qu’on a les uns pour les autres est très important même dans la vie «professionnelle». Si les relations que j’ai avec mon entourage sont bonnes, ça sera plus facile pour moi de travailler et de mettre en place un mécanisme éducatif réel. Peut-être que cela vous parait normal ou simple, mais non. Ce n’est pas si facile à mettre en place. Cela demande de lâcher beaucoup de choses, prendre du temps (qui même pour moi est précieux), s’ouvrir à l’autre, écouter et aussi partager etc. Cela apporte beaucoup de joie quand on se lance. On apprend beaucoup également sur soi et sur les autres. J’ai encore beaucoup de travail dans tout cela.

Mais parlons concrètement de la PAMEN ! Qu’est ce qui a changé ? Comme je vous l’ai dit, la première étape a été d’accepter de ne pas tout maîtriser. Et comme je viens d’arriver, les enfants comme les bénévoles ont besoin de me connaître avant de se « laisser guider ».

Il faut bien distinguer les deux groupes, celui du matin (mardi et vendredi) et celui de l’après-midi (mardi, mercredi et vendredi).

 

 

Le matin, avec les adolescents

 

Le matin, avec les adolescents, j’ai plus de soutien de la part des bénévoles (Graças a Déus). Lenicia et Maura s’investissent et je les connais de plus en plus. Pour le coup, c’est moi qui me laisse guider par ce qu’elles proposent et je tente de créer une relation de respect avec les jeunes. Il n’y a « que » 7 enfants par matinée, il est très difficile de les gérer. On est souvent découragés avec les bénévoles, d’essayer de faire quelque chose pour eux. Ils ne veulent faire que ce qu’ils veulent. Et du coup c’est souvent source de conflit, et les conflits ne sont pas bien vus. Il faut à tout prix les éviter. Les enfants ont le don de nous pousser à bout. Il m’est arrivé plusieurs fois de faire des erreurs autoritaires. J’apprends à me faire respecter, et surtout comment faire. Ce qui est sûr, c’est que crier et la violence ne résolvent rien. De plus, les « codes de vie » ne sont pas du tout les mêmes qu’en France. Il faut connaître tout ça aussi, pour ne pas faire de bêtises. Malheureusement ça m’est arrivé. Après cela, tout le travail est de profiter de cette bêtise pour créer un lien plus respectueux.

Comme on le dit souvent : « C’est en faisant des erreurs qu’on apprend ». Suite à quelques évènements difficiles avec les ados, les bénévoles repartent de plus belle. Une motivation est apparue pour vraiment les aider et faire le maximum pour eux. Et je pense qu’ils commencent à s’en rendre compte. Une sœur d’une congrégation qui est dans le quartier, Irmã Márcia, nous aide aussi en discutant plus personnellement avec eux. Et elle fait également des animations qui sont plus profondes, qui leur ouvrent l’esprit. J’espère que ça va mener à quelque chose.

 

 

L'après-midi, avec les plus petits

 

Avec les enfants de l’après-midi, je vis plus au jour le jour. L’après-midi, il y a moins de bénévoles. Je me retrouve donc assez souvent seul à surveiller les 10 enfants. Oui, surveiller parce que je n’arrive pas trop à faire autre chose. Ils arrivent à s’occuper tout seuls, entre les garçons au foot, les filles déco et bijouterie et les plus jeunes encore jouent aux petites voitures.

J’ai essayé de monter des activités de danse et de lutte mais ça n’a pas bien fonctionné. Les enfants se dispersent vite et il m’est impossible de faire quelque chose de concret. Ayant remarqué que la violence est très présente en eux, j’ai essayé de monter une activité d’art martial. Elle avait pour but d’apprendre à contrôler cette violence intérieure et à grandir dans le respect et la discipline. Personnellement, j’ai fait quelques années de Kung Fu et ça m’a énormément aidé. Malheureusement, les enfants étaient trop dispersés et ne pensaient qu’à se battre entre eux. J’ai donc dû arrêter. Je ne perds pas espoir qu’un jour je leur apprendrais quelque chose en rapport à cette violence. C’est un sujet qui me touche beaucoup mais avec lequel il faut faire très attention.

A remettre à la grâce de Dieu.



Un projet de Théâtre, à créer en rapport avec une histoire, va peut-être se faire. Je l’espère vraiment. Voilà, avec les plus jeunes on essaie de créer des projets. Pour le moment c’est difficile à mettre en place mais j’ai l’espoir que ça va marcher un jour ou l’autre. Heureusement, une bénévole qui m’aide le mercredi pense à tout. Par exemple, la fête des mères est très importante ici. Par moi-même, je n’aurais jamais pensé à faire quelque chose (pas que je n’aime pas ma mère hein ! ;) ). Alzira a pensé à tout et les enfants étaient tous contents d’offrir un petit poème et des échantillons de produits d’hygiène à leur maman.

 

 

 

Les visites des familles

 

J’ai commencé les visites dans les familles à la dernière lettre mais finalement je n’y suis pas retourné depuis. C’est aussi un de mes objectifs personnel mais tout seul ce n’est pas facile. Je sais très bien que ça peut tout changer dans le travail. Plusieurs fois j’ai demandé aux enfants de venir me chercher après en avoir parlé avec eux, pour un repas ou autre mais à chaque fois il y a eu un changement de dernière minute d’un côté ou de l’autre. Avec Lenicia, nous allons recommencer à les visiter.

 

 

L'accompagnement dans mon projet

 

Récemment, j’ai eu la visite de ma chargée de mission DCC, Blandine. J’ai pu tout d’abord la rencontrer et ensuite partager avec elle ce que je vis ici. C’est un soutien précieux dans ma mission. La communauté m’aide aussi beaucoup. L’intercession des frères (en plus des vôtres) me soutient. La fraternité est très précieuse dans l’avancement de la mission. Avec Serge-Armand (responsable communautaire de la PAMEN), nous avons le projet d’aller visiter d’autres Pastoral do Menor pour apprendre d’eux. Une chose que j’ai compris ici aussi : « Tout seul on va plus vite, mais à plusieurs on va plus loin ». Ou comme ils disent aussi ici : « Sozinho não posso mais » (Tout seul, je n’en peux plus ou je ne peux pas plus).

 

 

Préparation des JMJ 2013 au Brésil

 

Cette expression fera une très bonne transition car maintenant je vais vous parler de la préparation de la JMJ qui va avoir lieu à Rio de Janeiro. Nous avons donc eu le plaisir d’accueillir Luciano et Gabriel pendant une semaine, pour nous aider à la préparer.

Durant leur séjour, un festival de jeunes « Echauffement pour la JMJ » a eu lieu à Divinópolis (autre maison communautaire). Il a réuni quarante jeunes de différentes paroisses, qui sont proches de la communauté. Ce festival avait pour but de réunir des jeunes pour aider à l’organisation de la JMJ avec la communauté. Ce fut un très bon moment de rencontre avec les jeunes, avec Dieu et aussi un bon moment de travail.

Pour ma part, j’étais dans le groupe de théâtre d’animation. Ce fut une première pour moi et en plus en portugais. On a bien rigolé :) ! Je suis également responsable du groupe de danse qui va créer un flash mob pour inviter à la JMJ mais aussi pour la JMJ en elle-même. J’ai donc le plaisir de mettre mes capacités artistiques au service de la mission. Là aussi, tout seul on arrive à rien et sans la prière non plus.

Je vous promets une JMJ avec le Chemin Neuf « Bacâna demais sô » ! (Expression du Minas Gerais qui peut être traduite ainsi : cher gavé chouette !). Alors, les jeunes, venez pour découvrir le Brésil et tout ce qu’il a d’extraordinaire. Et n’hésitez pas à vous mettre dans la Chorale Internationale de la communauté !

 

 

 

La vie communautaire

 

Par rapport à la vie communautaire, on a eu le plaisir d’accueillir pour au moins un an Thibault. Il va nous aider à la comptabilité de la maison et à la communication de la JMJ.

Depuis peu, j’ai changé de chambre pour une plus isolée.

La vie communautaire est en même temps pour moi un défi et une joie. Tous ensemble, c’est mieux que tout seul tout le temps mais l’envie d’aller « voir ailleurs » est souvent là. Surtout quand ça ne va pas. Heureusement, je continue la danse classique, ce qui me sort de la paroisse mais ce n’est parfois pas assez. J’essaie de créer des moments où je peux « prendre le large ». J’ai, par exemple, vécu la fête des mères dans une famille d’une amie, à la campagne. J’ai pu changer complètement de paysage et voir d’autres personnes mais aussi connaître encore plus la culture brésilienne. La vie en communauté est une grâce de tous les jours. Je m’investis dans le service de la maison et de la paroisse.

 

 

Il est maintenant temps de conclure cette longue lettre, bien qu’il me reste encore tant de choses à vous partager.

Au Brésil, pays de l’hémisphère sud, l’hiver arrive. Vous vous dîtes peut-être qu’au Brésil il ne fait jamais froid ? Et bien détrompez-vous, les nuits et même les journées sont fraîches. Les brésiliens nous disent tout le temps : « Mais comment ça se fait que vous avez froid encore plus que nous alors que vous venez d’un pays super froid ? » Ce qui est sûr c’est qu’un pull de laine est utile et que ma couette me manque ! Pas de radiateur pour nous les amis ! Ouf, un gentil monsieur a réparé ma douche qui n’avait plus d’eau chaude…

Bientôt, je rentre en France (à Lyon, fin juin), pour avoir la joie de voir toute ma famille réunie pour un évènement exceptionnel qui est le mariage de ma grande sœur Marie. Je suis très content d’avoir l’occasion de revoir tout le monde et d’être présent pour le mariage ; mais en même temps j’ai l’impression que je suis arrivé au Brésil il y a un mois. Arrêter tout pour repartir de nouveau...

Ce sera l’occasion de voir certains d’entre vous. Si jamais vous voulez qu’on se rencontre pour une discussion, ce sera avec grande joie.

Pour finir, malgré que je sois très fatigué dans la mission, j’ai très envie de connaître plus en profondeur cette culture, ces personnes, ces enfants… Le fait de côtoyer une autre culture ouvre l’esprit et donne envie de découvrir d’autres pays encore. La prière et ma foi me permettent chaque jour d’aller de l’avant.

En cette semaine de Pentecôte, j’attends beaucoup de l’Esprit-Saint que Jésus nous a promis :

 

« Vous allez recevoir une force, celle du Saint-Esprit qui viendra sur vous. Alors vous serez mes témoins à Jérusalem, dans toute la Judée et la Samarie, et jusqu’aux extrémités de la terre. »
Ac 1, 8
« Demeurez en moi, comme moi en vous. […] Demeurez en mon amour […] pour que votre joie soit complète. » Jean 15.

Merci encore à tous pour votre soutien et vos prières. Je remercie chaque jour le Seigneur pour ce qu’il me donne de vivre grâce à vous. Je confie à votre prière ces enfants pour qu’ils puissent grandir en Jésus-Christ.

Merci également pour les nouvelles que vous me donnez. Désolé si je n’ai pas pris le temps de vous répondre. Soyez certains que je pense aussi à vous.

Que Dieu vous garde dans sa Paix.

Bonne fin d’année scolaire.

Courage à vous tous aussi. Et puis bientôt, bonnes vacances.


Jean-Baptiste

déposé le 29 mai 2012


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