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2011 06 Gaël à Divinopolis


2011 06 Gaël à Divinopolis

JET'News n°6 de Gaël à Divinopolis au Brésil

La favela

 

Pour la première fois, je suis rentré dans une favela à Belo Horizonte, accompagné d’Anne-Claire, JET. Le lieu était désert, les habitations ont été détruites sous les directives du gouvernement, dans le but de construire une nouvelle route. Les familles ont été relogées pas très loin dans des petits immeubles construits les uns à cotés des autres. Je me retrouvais donc là, au milieu d’un tas de cailloux, qui ressemble un peu à une décharge.

Certaines familles refusent de quitter la favele, leur maison reste intacte au milieu du paysage. C’est difficile à croire, mais certaines familles refusent le confort proposé, elles ne veulent pas aller ailleurs, peut-être une peur du changement, de devoir tout recommencer à zéro.

Anne-Claire connaît bien les nombreux petits chemins, les raccourcis (même si le paysage a complètement changé depuis la destruction de la favele), et je me serais sûrement perdu si j’étais venu seul. Les maisons collées les unes aux autres, j’ai l’impression d’étouffer, je ne me sens pas bien… Les quelques habitants de la favele me regardent fixement, je ne sais pas si je suis le bienvenu, mais la présence d’Anne-Claire me rassure, car elle connaît presque toutes les familles de la favele.

De l’autre côté, tout le contraire : les espaces verts entre les immeubles sont remplis d’enfants qui jouent au foot, qui s’amusent… Il y a une ambiance de fête (c’est peut-être parce que je suis venu le jour du derby tant attendu : Cruzeiro contre l’Athlético). Les enfants courent dans les bras d’Anne-Claire, lorsqu’ils l’aperçoivent au loin.

Malgré les infrastructures proposées, il semble que les habitants vivent et fonctionnent comme dans la favelle. On peut apercevoir des impacts de balles sur les murs et le trafic de drogue semble bien perdurer. De plus, avec le relogement des familles, certains habitants se retrouvent voisins avec les membres de l’autre gang que formait la favele. Cela crée des tensions, et des morts…

Au milieu de ça, la joie des enfants, qui prennent un plaisir et une certaine fierté à nous conduire chez une famille, de l’autre coté, qui nous a invités pour un anniversaire. Durant le trajet, j’aperçois une belle maison bien sécurisée, elle semble être une maison de «riche». Anne-Claire m’explique que certains jeunes se positionnent devant la porte de la maison, et font payer le propriétaire pour qu’il puisse rentrer chez lui… Hallucinant. Mais étant donné qu’il est bien seul, je pense qu’il doit payer pour préserver sa vie.

Enfin, on arrive devant le lieu que l’on cherchait, après une bonne quinzaine de minutes de marche ! Dans la cours intérieure, une télé pour voir le match, et beaucoup de monde aux fenêtres. Nous rentrons donc à l’intérieur de la maison. Un petit appartement F4 ma foi, pas mal du tout… La mère de famille nous explique qu’elle est très contente et nous montre la belle peinture du salon et les motifs du plafond qu’elle a réalisés.

Après le relogement, les familles reçoivent une petite bourse, qui correspond à la vente de leur ancienne habitation. Certaines peuvent tout dépenser dans la télévision, le lit, le four… Et d’autres préfèrent économiser pour s’acheter une voiture etc… Chacun gère comme il veut, mais ont-ils une aide pour les orienter ? Je ne sais pas… Il semble que le confort matériel règle une bonne partie du problème, mais il ne fait pas tout…

 

  

Les volontaires de la Samaritaine

  

 

Que de bonnes volontés et de coeurs généreux pour encadrer les nombreux événements. Chacun a un rôle précis : tout à droite, l’assistante sociale, qui gère les demandes et tente de répondre aux nombreux coups de téléphone.

Tout à gauche, le responsable financier, avec son épouse assise à côté de lui. Ce mois-ci, avec la venue du froid, elle a acheté 25 couvertures pour les distribuer aux familles, en plus des aliments de base.

En rose, la responsable cuisine, elle met en place le menu et fait la cuisine avec son équipe. Attention si vous ne goûtez pas à tout, elle risque de s’énerver! Personnellement, je préfère le «Caldo de mandioca», avec des petites herbes dessus. En dessert, uma «palha italiano» avec um «doce de leite com ameixa» (crème de lait avec confiture de prune). Pour ceux qui veulent moins sucré, une bonne «musse de maracuja». En boisson, um «suco natural de abacaxi (ananas) ou de goiaba»…

En violet, le professeur qui donne des cours d’alphabétisation.

L’homme à la casquette est le pharmacien de la Samaritaine, il connaît tous les médicaments que l’on a, et surtout ceux que l’on n’a pas !

A sa droite, Marcia, la présidente, et dessous, moi-même, responsable de l’animation «enfants», mais aussi trésorier, secrétaire, professeur de français, voiturier etc…

  

 

Projet d’un lieu communautaire

 

En ce moment, Joaquim (ingénieur architecte) travaille sur le projet de construire un lieu de prière et un foyer d’étudiants près de notre maison à Divinópolis. Ce lieu pourra accueillir des célibataires, des couples, des familles pour prendre un temps de retraite ou simplement pour y vivre. Nous avons déjà commencé à construire la chapelle dont voici les photos :

 

Ça avance ! (Pour ceux qui veulent en savoir plus sur le projet, l’avancée des travaux, il y aura prochainement plus d’informations sur le site « Communauté du Chemin-Neuf – Divinópolis »)

  

A bientôt mes chers parrains !

Que la protectrice du Brésil, «Nossa Senhora Aparecida», illumine vos coeurs.

 Gaël

déposé le 30 juin 2011


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