2011 02 Anne-Claire à Berlin
JET'News n°5 de Anne-Claire à Berlin en Allemagne
Bonjour à tous !
Cela fait bien longtemps que je n’ai pas écrit de lettre JET ! Mais il faut dire que les deux derniers mois ont été tellement remplis ... !
En janvier, j’ai continué les cours de langues pour un mois, et je suis maintenant en niveau B2, ce qui commence à être conséquent.
Parallèlement aux cours, il a fallu que j’organise un tas de choses plus ou moins agréables : les dossiers des concours de psychomotricité pour avril et mai (et les billets d’avions qui vont avec), l’inscription sur le site post-bac (mon plan B si je n’ai pas les concours, ce qui me donne un CV et une lettre de motivation à écrire à présent), la mise en place de mon stage à Pastor-Braune-Haus (PBH) et à la paroisse, ainsi que les préparatifs des JMJ (Journées Mondiales de la Jeunesse) en août... Que de choses à penser !
Mais l’histoire finit plutôt bien, puisque mes dossiers sont faits et (presque) envoyés ; j’ai commencé mon stage début février, et à la paroisse il y a trois semaines.
Le mois de janvier a été assez stressant : le Kloster était vide et vu l’emploi du temps incertain avec le retour des vacances et la nouvelle année, ce n’était pas évident de ne pas être un peu déstabilisée. J’ai eu du mal à me remettre dans le rythme après Noël en famille et la semaine de retraite Jéricho avec les autres jeunes...
Auprès d'enfants handicapés au centre Pastor-Braune-Haus
Heureusement le mois de février est arrivé : j’ai fini mes cours d’allemand et commencé mon stage à PBH avec les jeunes handicapés. Je suis trois jours par semaine (lundi, mercredi et vendredi) pendant quatre heures en compagnie de neuf jeunes de 13 à 20 ans, qui m’apportent beaucoup de joie par leurs bêtises, leurs câlins et leurs sourires.
Le groupe Mäuse comprend huit garçons et une seule fille, Ilene, qui est la plus âgée. Elle est en fauteuil roulant et a du mal à contrôler ses mouvements et sa parole. Elle a donc un ordinateur spécial pour parler car on ne comprend pas toujours ce qu’elle dit. Elle aime le judo, les chevaux et la gym, et le rouge est sa couleur préférée.

Ilene
Il y a Murat qui a 14 ans. Lui, il peut parler, mais il trouve ça fatiguant alors il s’exprime par petits cris. Il fait des blagues en permanence et s’amuse à siffler toutes les personnes de sexe féminin, qu’elles aient 11 ou 80 ans, dans la rue, ou à faire coucou aux voitures qui passent. Il est super câlin et aime aller au judo et regarder la télévision (c’est d’ailleurs assez drôle de voir des dessins animés tels que Bob l’éponge dans une autre langue.).
Il partage sa chambre avec Tim qui a 16 ans, doit bien faire 1m80 si ce n’est plus, mais a 2 ans d’âge mental. Il ne parle pas, mais aime tout ce qui fait du bruit et se balade dans la maison de long en large toute la journée avec un jeu musical pour bébé collé à l’oreille. Comme il est très grand et assez costaud, il est difficile de le retenir ou de le faire changer de direction quand il ne doit pas aller dans un endroit.
Le groupe compte également trois autistes : Hassan, Kyshan et Bastien.
Hassan a 17 ans et ne pense qu’à manger. On est obligé de le surveiller en permanence parce qu’il vole la nourriture et boit dans les verres des autres. Il a même entièrement bu une brique de lait qu’on avait oublié sur la table une fois.
Kyshan est le plus jeune et vient du Sri Lanka. Il mange trop et doit être limité avec la nourriture. On arrive à le faire parler un peu avec le langage des signes, mais ce n’est pas toujours facile de garder longtemps son attention.
Bastien a 14 ans, et lui, pour parler, il parle ! Bien que souvent ses phrases sont sans queues ni têtes. Il aime la piscine et la peinture et passe ses journées à écouter la radio (peu importe la fréquence, je l’ai déjà entendu écouter les infos en français.).
Il y a aussi Salahidin (alias Sala) qui est sourd et qui ne comprend pas le langage des signes, difficile de communiquer avec lui dans ces conditions.
Dominik et Dominic sont en fauteuil roulant. L’un est super souriant et calme ; il peut rester dans son coin avec un journal et jouer pendant des heures (même si le journal finit en confettis ou dans sa bouche), l’autre est impulsif et pique une colère dès que quelques chose lui déplaît. Il griffe jusqu’au sang et casse verres et assiettes. Il adore le cacao et les gâteaux apéritifs (même s’il peut manger la plante de la table après avoir balancé le pot par terre).
Avec tout ce petit monde, j’apprends assez vite à avoir des yeux partout (surveiller que Sala ne mange pas avec ses doigts tout en coupant du pain pour Dominic) et des réflexes rapides (retirer la carafe de thé avant que Tim ne se la vide sur la tête). Mais parfois il y a des ratés, comme la fois où Dominik a attrapé une brique de lait aromatisé au chocolat, l’a éventrée avec ses dents et l’a répandue dans le couloir. Au moins j’en vois et j’en apprends beaucoup, et même si être attentif non-stop pendant quatre heures et en allemand est crevant, c’est toujours un plaisir d’être avec eux. Mardi prochain, c’est le carnaval, et j’y serai pour le fêter avec eux : déguisement obligatoire !
Au service des enfants de la paroisse Herz Jesu
Le mardi après-midi, je vais à la paroisse Herz Jesu pour aider à l’encadrement des premières communions (70 enfants de 8-10 ans !).
Le temps est divisé en deux parties : en premier, un moment de chants et de prière tous ensemble. Puis les enfants se séparent en petits groupes de 6 ou 8, encadrés par deux animateurs pour discuter, bricoler, écrire et réfléchir sur un thème particulier (sur un passage de la Bible, avec une histoire sur le pardon…). Il est amusant de voir les différences des enfants : entre celui qui bouge tout le temps, celui qui gribouille dans son coin, celui qui prend toujours la parole pour tout et rien, et celui qui sort souvent la remarque judicieuse, les groupes sont bien équilibrés.
La vie quotidienne au Kloster
Pour la vie au Kloster, Emmanuelle est venue de Lyon pour nous rejoindre fin janvier. Agée de 23 ans, elle est institutrice et vient passer son niveau d’allemand pour pouvoir exercer en Suisse (et oui, ce n’est pas l’anglais qu’on apprend en premier aux enfants suisses…). Enjouée et dynamique, elle rééquilibre un peu notre groupe de Sprachschülerin déserté par Anne et Léa en décembre.
La semaine dernière, nous étions au service à la cuisine pour une semaine d’exercices spirituels. Avec Ralf, prof d’allemand pour les étrangers, Hosamma, architecte syrienne, et Sandra, notre maîtresse de maison reconvertie en chef cuistot, nous avons pris plaisir à cuisiner pour trente personnes dans une super ambiance !

De gauche à droite : Ralf, Hosamma, Sandra, Emmanuelle, Dominik Lagemann (un des enfants de la famille qui vit au Kloster.). Au menu : haricots verts pour tout le monde !
De plus le temps est au beau fixe même si l’air reste froid. Bientôt le printemps ?
Je vous envoie donc pleins de bises ensoleillées en ce début de mars. Bis Bald !
Anne-Claire
déposé le 28 février 2011